Des écoles plus sûres, plus dignes et entretenues par les communautés elles-mêmes
En cette rentrée scolaire, des milliers d’élèves des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda retrouvent le chemin de l’école dans des salles de classe neuves ou réhabilitées, équipées de tables-bancs, protégées par des murs de clôture et dotées de blocs d’hygiène. Ces réalisations sont le fruit du Projet de Développement Économique de la Casamance (PDEC), financé par la Banque mondiale et placé sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT). Mais cette rentrée a aussi une autre dimension : dans plusieurs villages, ce sont les communautés elles-mêmes qui ont pris pelles et râteaux pour préparer l’accueil des enfants.

Journée de reboisement dans la cour d’une école de la zone d’intervention du PDEC, à l’approche de la rentrée 2026.
L’école, un enjeu de développement et de cohésion pour la Casamance
Les trois régions de la Casamance comptent parmi les plus pauvres du Sénégal. Selon l’indice de pauvreté multidimensionnelle de l’Université d’Oxford, Kolda (0,50) et Sédhiou (0,44) affichent des niveaux nettement supérieurs à la moyenne nationale (0,288). Plusieurs décennies de crise ont par ailleurs privé de nombreuses localités d’investissements publics, en particulier dans les zones frontalières avec la Gambie et la Guinée-Bissau.
Dans ce contexte, l’école est bien plus qu’un bâtiment. Elle est la condition de l’égalité des chances, le premier service public attendu par les familles et, dans les villages de retour, un signal fort de confiance retrouvée. C’est pourquoi l’éducation est le premier secteur d’investissement du PDEC dans les collectivités territoriales : sur les financements mobilisés au profit des communes, plus de 2 milliards de FCFA sont consacrés à l’éducation, devant la santé (1,32 milliard) et l’hydraulique (1,15 milliard).
Le projet s’inscrit également dans la politique nationale de résorption des abris provisoires. Lors du Conseil des ministres du 2 octobre 2024, le Gouvernement a lancé un vaste programme visant à éradiquer les 7 227 abris provisoires scolaires recensés au Sénégal d’ici 2029. Le PDEC contribue déjà à cet effort dans sa zone d’intervention.
Le bilan chiffré : 173 ouvrages scolaires réalisés
Depuis son entrée en vigueur en mai 2022, le PDEC a profondément transformé le paysage scolaire de sa zone d’intervention. À la veille de cette rentrée, les réalisations se présentent comme suit :
| Ouvrage / équipement | Réalisations |
| Écoles touchées | 122 |
| Salles de classe construites | 107 |
| Salles de classe réhabilitées | 19 |
| Murs de clôture | 26 |
| Blocs d’hygiène | 18 |
| Blocs administratifs | 3 |
| Salles de classe équipées en tables-bancs | 174 |
| Équipements informatiques | 3 |
| Élèves bénéficiaires (estimation*) | ≈ 5 000 |
* Estimation sur la base de 40 élèves par salle de classe construite ou réhabilitée.
Les 126 salles de classe construites ou réhabilitées sont réparties dans les trois régions de la Casamance :
| Région | Salles construites | Salles réhabilitées | Total |
| Ziguinchor | 46 | 5 | 51 |
| Sédhiou | 27 | 13 | 40 |
| Kolda | 34 | 1 | 35 |
| Total | 107 | 19 | 126 |
Chaque ouvrage répond à un besoin concret
Des salles de classe pour tourner la page des abris provisoires
À Linkéring 2, dans la région de Kolda, les élèves suivaient encore les cours sous un abri provisoire en paille, exposés à la chaleur, à la pluie et au vent. Aujourd’hui, ils étudient dans un bloc de trois salles de classe construit et équipé par le PDEC. Cette transformation, répétée dans des dizaines de villages, change concrètement le quotidien des élèves comme des enseignants : des cours sans interruption en saison des pluies, un meilleur confort d’apprentissage et une école qui retient ses élèves.
Des murs de clôture pour sécuriser les élèves
Les 26 murs de clôture réalisés protègent les enfants de la circulation, empêchent la divagation des animaux dans les cours et préservent les équipements. Ils permettent aussi de mieux délimiter le domaine scolaire et d’y aménager des espaces verts ou des jardins.
Des blocs d’hygiène pour la dignité et le maintien des filles à l’école
L’absence de toilettes est l’une des causes de l’absentéisme, en particulier chez les jeunes filles. Avec 18 blocs d’hygiène construits, le PDEC améliore les conditions sanitaires des établissements et contribue directement au maintien des filles dans le système scolaire.
Des tables-bancs et des équipements pour bien apprendre
Une salle de classe n’est opérationnelle que si elle est équipée. Le projet a doté 174 salles de classe de tables-bancs, à raison de 25 tables-bancs par classe, et installé des équipements informatiques dans trois établissements. Trois blocs administratifs ont également été construits pour offrir aux directeurs et aux enseignants un cadre de travail adapté.

Bâtiment scolaire réalisé avec l’appui du PDEC.
Dans les villages de retour, l’école d’abord
Dans les localités qui accueillent des populations revenues s’installer après le conflit, l’école est souvent le premier signe de la vie qui reprend. Six communes de retour sont concernées par le volet éducation du PDEC : Boutoupa-Camara, Kataba 1, Niaguis, Nyassia, Kaour et Médina El Hadji.
| Villages de retour : les chiffres clés 6 communes de retour concernées 11 sous-projets éducatifs 10 écoles transformées 18 salles de classe 3 blocs d’hygiène |
Pour les familles qui ont fait le choix du retour, disposer d’une école à proximité est une condition essentielle de réinstallation durable. En investissant d’abord dans l’éducation, le PDEC contribue à reconstruire le tissu social et à consolider la paix dans ces territoires.
Une approche fondée sur la demande des communautés
Les infrastructures scolaires du PDEC ne sont pas décidées depuis un bureau. Elles résultent d’un processus participatif : les besoins sont identifiés par les communautés, priorisés dans le cadre de la planification communale, portés par la commune en tant que maître d’ouvrage et mis en œuvre avec l’appui technique et financier du projet.
Le PDEC intervient dans 60 communes rurales des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, sélectionnées sur des critères de fragilité, de vulnérabilité, d’enclavement et de sensibilité aux effets du changement climatique. Chacune a signé une convention de financement avec le projet. Cette démarche renforce la gouvernance locale et l’appropriation des ouvrages : une école choisie par la communauté est une école que la communauté protège.
Une rentrée citoyenne : les communautés à l’œuvre
Cette appropriation s’est vérifiée à l’approche de la rentrée 2026. Dans plusieurs localités de la zone d’intervention, les populations se sont mobilisées d’elles-mêmes pour nettoyer, désherber et reboiser les écoles :
- Kéréwane : journée de Set-Setal et de reboisement à l’école élémentaire de Saré Yoro Bouka, le 4 octobre 2026 ;
- Ouonck : la Zone 25, en collaboration avec l’ASC Santack, a désherbé l’école élémentaire et la Case des Tout-Petits de Santack ;
- Niagha : mobilisation communautaire à l’école de Saré Koundia ;
- Pata : Set-Setal au lycée le 1er octobre, pour le bon déroulement de la rentrée ;
- Manato et Saré Koutayel : journées de salubrité dans les écoles.
À Ouniock, la communauté a tenu à saluer publiquement l’appui du PDEC pour la construction des salles de classe, du bloc d’hygiène et du mur de clôture de son école élémentaire.

Des jeunes filles mobilisées pour le désherbage de leur établissement.
Ces initiatives ne doivent rien au hasard. Le PDEC encourage l’engagement citoyen et l’accompagne à travers ses ONG partenaires, notamment par des causeries communautaires : en 2025, plus de 600 personnes ont été touchées par ces séances de sensibilisation. Pour le projet, l’objectif ultime est clair : que les communautés participent pleinement à leur propre développement et en deviennent les pionnières.
| Notre conviction Une infrastructure ne dure que si ceux qui l’utilisent se l’approprient. Quand les parents, les jeunes et les associations entretiennent eux-mêmes leur école, chaque franc investi produit un effet durable. |
Perspectives : consolider les acquis
D’autres chantiers sont en cours ou programmés dans les communes partenaires. À terme, le programme éducation du PDEC prévoit notamment des salles de classe supplémentaires, de nouveaux blocs d’hygiène et murs de clôture, ainsi que trois Cases des Tout-Petits pour la petite enfance.
Pour pérenniser ces investissements, plusieurs priorités se dégagent :
- accélérer la réception des ouvrages en cours, afin que les élèves en bénéficient le plus tôt possible ;
- renforcer le rôle des comités de gestion des écoles et des associations de parents d’élèves dans l’entretien des ouvrages ;
- encourager et valoriser les initiatives citoyennes de salubrité et de reboisement dans les établissements ;
- poursuivre la contribution du projet à la résorption des abris provisoires dans la zone d’intervention.
Conclusion
En cette rentrée 2026, le PDEC peut présenter un bilan solide : 122 écoles touchées, 126 salles de classe construites ou réhabilitées et 173 ouvrages scolaires réalisés au total. Mais au-delà des chiffres, c’est l’image de parents, de jeunes et d’associations mobilisés pour leurs écoles qui résume le mieux l’esprit du projet. Une école digne, choisie et entretenue par ceux qui la fréquentent, c’est un investissement qui dure, et une Casamance qui avance ensemble.
| Le PDEC en bref Financement : Banque mondiale (IDA), 26,107 milliards de FCFA Tutelle : Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT) Période : 2022 – 2027 Zone d’intervention : 60 communes des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda Bénéficiaires : environ 750 000 personnes (population des communes) Contact : www.pdec.sn | secretariat@pdec.sn |
Sources : tableau de synthèse éducation du PDEC (30/09/2026), présentation au Comité de pilotage 2026, rapport d’activité 2025 et note d’information au MUCTAT (février 2026).
