Le PDEC change d’échelle avec 22,44 milliards FCFA supplémentaires

Ziguinchor – Sédhiou, 23 juillet 2026 — La mission de supervision conjointe du Projet de Développement Économique de la Casamance (PDEC), ouverte le 21 juillet à Ziguinchor sous la présidence du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana, restera comme un tournant. En deux jours, le projet a présenté un bilan de 433 000 bénéficiaires directs, scellé un financement additionnel de la Banque mondiale de 40 millions de dollars et inauguré 14 kilomètres de piste qui reconnectent plusieurs villages du Bounkiling à la Route nationale n°4.

Une mission conjointe pour évaluer et projeter

Du 20 au 24 juillet 2026, le PDEC accueille dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou une mission de supervision de la Banque mondiale. Objectifs : apprécier la mise en œuvre des recommandations de la mission de décembre 2025, passer en revue la gestion fiduciaire et la passation des marchés, visiter les réalisations sur le terrain et valider le plan d’action des activités prioritaires jusqu’à la clôture du projet.

La cérémonie d’ouverture officielle s’est tenue le mardi 21 juillet à l’Hôtel Kadiandoumagne de Ziguinchor, en présence des autorités administratives et territoriales, des élus locaux, des partenaires de mise en œuvre et des communautés bénéficiaires. Aux côtés du Ministre : Mme Mame Safiétou Djamil Guèye, chargée du projet à la Banque mondiale, M. Youssouph Badji, Coordonnateur du PDEC, et M. El Hadji Malick Gaye, Directeur général de l’AGETIP, maître d’ouvrage délégué de la composante mobilité rurale.

Devant l’assistance, le Ministre a inscrit le projet dans une lecture plus large des politiques publiques, y voyant « un véritable laboratoire national de la territorialisation des politiques publiques » et une démonstration qu’il est possible de bâtir la paix par le développement. Une orientation qu’il a résumée par une formule : construire avec les territoires plutôt que d’y investir seulement.

Un bilan de 433 000 bénéficiaires directs

Les chiffres présentés lors de cette ouverture témoignent d’un projet arrivé à maturité. Plus de 433 000 Sénégalaises et Sénégalais ont bénéficié directement des investissements du PDEC, à travers 324 infrastructures communautaires réalisées ou réhabilitées dans les trois régions.

Le Ministre a également salué l’aménagement de 131 kilomètres de pistes rurales, près de 3 300 hectares de vallées agricoles en cours d’aménagement, plus de 3 200 emplois créés et près de 5 000 personnes formées. À ces résultats s’ajoute l’accompagnement de 203 villages concernés par les retours de populations et de plus de 6 700 ménages dans leur réinstallation — un volet directement adossé au Plan Diomaye pour la Casamance.

Le portefeuille d’infrastructures traduit une orientation nette vers les services sociaux de base : 104 salles de classe, 14 maternités, 35 mini-forages solaires, auxquels se sont ajoutés au premier semestre 2026 neuf cases de santé, cinq dispensaires, neuf systèmes d’adduction d’eau potable et l’équipement de 29 structures sanitaires en matériels médicaux. Les 60 communes partenaires ont par ailleurs actualisé à 100 % leurs plans triennaux et annuels d’investissement.

Un financement additionnel qui porte l’enveloppe à 48,76 milliards FCFA

Le temps fort institutionnel de la mission aura été la signature de l’accord de financement additionnel, approuvé fin juin 2026 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale.

L’institution mobilise 40 millions de dollars supplémentaires, soit environ 22,44 milliards de francs CFA. L’enveloppe globale du projet est ainsi portée à 85 millions de dollars — près de 48,76 milliards de francs CFA — au bénéfice d’environ 850 000 personnes en Casamance et dans la région de Kédougou.

Mme Mame Safiétou Djamil Guèye a salué l’engagement des autorités sénégalaises, des collectivités territoriales, des maires, des services déconcentrés et de l’ensemble des partenaires. Ce financement additionnel, a-t-elle indiqué, permettra de transformer le PDEC en levier de développement économique territorial, en cohérence avec la stratégie nationale des pôles-territoires. Elle a par ailleurs insisté sur un point désormais central : l’entretien des infrastructures réalisées, condition de leur durabilité.

Le nouveau dispositif mettra l’accent sur la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, le renforcement des chaînes de valeur avec le secteur privé et l’extension des interventions à la région de Kédougou, dont les atouts agricoles, miniers et touristiques ouvrent de réelles perspectives de développement économique local.

Sur le terrain : Mpack, Bona, Inor

L’après-midi du 21 juillet, la délégation s’est rendue à Boutoupa, dans la région de Ziguinchor, pour constater l’avancement des travaux d’aménagement de la vallée de Mpack — exécutés à 70 % à fin juin 2026 — et procéder à la pose de la première pierre de la piste Mpack–Soukouta. Ce chantier s’inscrit dans un programme de réhabilitation de 23 vallées rizicoles couvrant 3 300 hectares, destiné à récupérer des terres salinisées et à relancer la production agricole.

Le lendemain, cap sur le département de Bounkiling, dans la région de Sédhiou. Sous un temps pluvieux, les populations ont réservé un accueil chaleureux à la délégation ministérielle.

À Bona, le Ministre a inauguré la boucle reliant la RN4 à Nimzat, Soumbounou, Bissary Niosson, Bissary Kansoye, Baya, Sedeck et Kampila — 14 kilomètres qui désenclavent plusieurs villages et les rebranchent sur la Route nationale n°4, et donc sur les marchés, les structures de santé et les écoles. Sur place, Moussa Balla Fofana s’est félicité de la qualité des travaux réalisés et a salué l’impact de l’infrastructure sur la mobilité des populations et le développement local.

La délégation a également visité le forage de Bona, conçu autour d’un système hydraulique innovant à technologie solaire hybride qui alimente plusieurs villages en eau potable. Le Ministre en a magnifié l’impact sur l’accès à l’eau, tout en plaidant pour un accompagnement des collectivités territoriales dans la gestion technique et la maintenance durable de ces équipements.

Au marché de la commune d’Inor, enfin, il a salué une infrastructure marchande qu’il présente comme un levier essentiel de création de richesse et d’autonomisation des communautés rurales.

Chiffres clés du PDEC

IndicateurRésultat
Bénéficiaires directs+ 433 000 personnes
Infrastructures communautaires324 réalisées ou réhabilitées
Pistes rurales131 km aménagés
Vallées agricoles3 300 ha en cours d’aménagement
Emplois créés+ 3 200
Personnes formées~ 5 000
Villages de retour accompagnés203
Ménages accompagnés en réinstallation+ 6 700
Communes partenaires60
Enveloppe globale après financement additionnel85 M USD (~48,76 Mds FCFA)
Bénéficiaires visés à terme~ 850 000 personnes

À propos du PDEC

Le Projet de Développement Économique de la Casamance est mis en œuvre par le Gouvernement du Sénégal, sous la tutelle technique du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT), avec le financement de la Banque mondiale (IDA). Lancé en 2022 dans 60 communes des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, il vise à construire des systèmes de gouvernance locale inclusifs, capables de fournir des services et des infrastructures résilients au climat. Avec le financement additionnel approuvé en juin 2026, son action s’étend désormais à la région de Kédougou.

Contact presse

Batouo SOUARE, Responsable Communication, UGP/PDEC

Tél. : 77 558 50 03  |  contact@pdec.sn  |  www.pdec.sn

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